Dans le contexte des trois principes discutés ci-dessus, il y
a l’image d’un individu fictif, qui possède une quantité
optimale d'informations sur les marchés et un ensemble stable
de préférences qui aide à maximiser l'utilité. Ce modèle a été
nommé homo economicus. Comme on peut le voir, l’économie
comportementale applique un modèle plus réaliste. Selon
cette école, en réalité, les gens ne se comportent pas de
manière parfaitement rationnelle, car leur volonté et leur
intérêt personnel sont limités. De plus, ces faiblesses ne
surviennent pas au hasard mais en grand nombre et, en tant
que telles, sont prévisibles.
Ainsi, la considération la plus essentielle de l’économie
comportementale est que les humains sont faillibles comme
la personne «qui n’a aucun pouvoir sur son propre esprit ».27
Nos faiblesses communes, typiques, sont de trois sortes :
rationalité limitée, volonté limitée et intérêt personnel limité.
En ce qui concerne la rationalité limitée (ou l'erreur au sens
aristotélicien), l'incertitude surprenante de nos capacités de
calcul, le caractère indigne de confiance de notre mémoire et
notre capacité limitée de comportement rationnel sont des
expériences communes à tous et toutes. Nous laissons
souvent nos intuitions guider nos décisions. Il nest donc pas
étonnant que le comportement humain diffère souvent de ce
à quoi on pourrait s'attendre sur la base de modèles
économiques utilisant des pouvoirs illimités de rationalité. Ces
différences peuvent être classées en deux grands groupes : les
erreurs de jugement et les erreurs de décision. Les erreurs de
jugement sont la raison sous-jacente des attentes de
maximisation de l'utilité et des prévisions de comportement
basées sur les statistiques bayésiennes qui ne sont pas réalisées
dans la vie quotidienne. Les erreurs de jugement viennent
souvent d’une mauvaise évaluation de la probabilité d’un
événement lorsque nous ignorons les modèles statistiques et