plus ou moins relié au précédent, le temps avance également et crée ainsi la
continuité chronologigue nécessaire : le temps passe normalement.
Outre la chronologie générée par les temps verbaux, d’autres indications de
temps, c’est a dire des compléments de temps, des subordonnées temporelles
participent également à la construction de l’univers temporel du récit. Les auteurs
utilisent différents indicateurs qui permettent aux lecteurs de suivre le récit. Les
dates, les adverbes comme d'abord, ensuite, finalement, des locutions et autres
expressions comme ce jour-là, à cette époque, la veille sont autant d'éléments
d'organisation. Certains sont absolus, comme les dates, mais la majorité de ces
indices sont relatifs : soit ils servent à intégrer les procès dans une série (d’abord,
ensuite, finalement), soit ils créent des relations entre eux (la veille, quelques
semaines plus tard, etc.).
Le rythme auquel les événements se déroulent dans le récit contribue également
à la construction. L'auteur a le pouvoir de faire succéder les événements rapidement
ou lentement, de s’attarder sur certains d’entre eux, d'accélérer ou de ralentir le
flux temporel. Il prend comme outils des adverbes, mais, surtout, il découpe la
chaîne des événements en beaucoup de phases s’il veut ralentir le flux temporel,
et, s’il veut accélérer, le découpage est moins fin. Le temps dont les procès ont
besoin pour se dérouler a une influence certaine sur l'impact que font ces effets
de changement de rythme. Accomplir un acte par nature rapide (éteindre la
lampe, par exemple) et le présenter au ralenti ne donne pas le même effet que la
présentation au ralenti d’un geste qui demande plus de temps pour se réaliser,
par exemple lire une intervention ou contempler l'infini.
Le changement de rythme dans le récit se réalise donc essentiellement par le
découpage plus ou moins minutieux des procès et par la présentation détaillée
des événements, nous y reviendrons plus tard.
Les descriptions prolongées provoquent également des ralentissements.
L’alternance des compléments de temps représentants différentes échelles vient
s'ajouter aux outils qui interviennent sur le rythme. Construire un récit ralenti,
avec des événements qui se passent à une échelle définissables en secondes ou
en minutes n'aura pas le même effet qu’un autre où l'échelle est annuelle, voire
encore plus grande.