détruire les influences des doctrines antichrétiennes et antisociales. LÉglise,
déjà mise en dehors du droit public européen par le traité de Westphalie? gui
avait donné des lettres de bourgeoisie à l’hérésie, a été en 1885, complètement
séparée de la société contemporaine” ; 89 n’avait-il pas baptisé les chancelleries
et les Ames? — Pie IX a poussé Le premier cri d'alarme en lançant le Syllabus le
8 Décembre 1864,!° malgré les préoccupations dont il avait peu avant fait part
à sa Grandeur qui venait d’être consacré évêque. Tout le Syllabus se résume
dans cette pensée que Jésus-Christ doit être le roi des peuples comme celui
des âmes. Il ne doit pas être réduit à être le Dieu des sacristies et l’ordre social
ne doit pas ressembler au Panthéon de Tibère.
La seconde manifestation fut la déclaration de l’infaillibilité pontificale par
le concile du Vatican. Dès le début, le Concile se trouva en face d’un grand
danger résultant de la pression que les adversaires cherchaient à exercer
en soulevant l'opinion publique. La vérité sur les discussions du Concile ne
pouvait être établie par les évêques obligés au secret le plus strict, en vue
de remédier à cette situation, sa Grandeur alla d'accord avec plusieurs autres
évêques demander au Saint-Père d’être dégagé du secret. C’est ainsi que la
presse catholique du monde entier put être tenue au courant de ce qui se
passait et réfuter les assertions mensongères qui avaient libre cours jusque là.
Quand le Concile fut dispersé, Rome tombée au pouvoir des Italiens, Pie IX
encouragea la fondation de la Correspondance de Genève dont sa Grandeur
avait conçu le projet avec l’évêque de Baltimore, Monseigneur Spalding," en
vue de combattre le semi-libéralisme qui acceptait le Syllabus seulement pour
le cacher.!? Pendant les quatre ou cinq ans que vécut cette Correspondance,
elle rendit d'immenses services, grâce à la direction du Comte Blome et au
concours de plusieurs autres catholiques aussi dévoués que lui à la cause
de l’Église et dont plusieurs sont présents. Après sa disparition, il y eut un
désarroi de plusieurs années. Mais la question sociale s'imposant, différentes
tentatives furent faites pour la résoudre d’après les enseignements de l’Église.
Malgré les heureux effets obtenus par les conférences de St. Vincent de Paul"
on comprit que la charité seule ne suffisait pas et qu’il fallait pénétrer la société
des principes du christianisme. De là, la nécessité d’études théologiques et
sociales. Elles présentent deux genres de périls : celui d’affirmations téméraires
ou de trop grand attachement à des institutions vermoulues. Suivant le mot
de de Maistre," il est aussi difficile que glorieux de vivre à des époques de
transition comme la nôtre. Jusqu'ici on n’a tenté que des efforts isolés, ils ne
sont pas suffisants ; il faut au contraire une action universelle comme celle de
l'Église. C’est ce qu'ont compris ses adversaires en cherchant à ruiner sa force
universelle par la destruction de la Papauté de ses soldats les ordres religieux
et de ses organes les universités catholiques.
L'institut! catholique d’études sociales que nous voulons fonder répond au
besoin pressant du moment.