général aux assemblées catholigues de Bergame, de Modéne et de Naples,"
et du remarquable rapport qu’il lut 4 Modéne® sur les cercles d’ouvriers de
France ; sa présence aux réunions de Lyon et de Paris’ a laissé dans tous ceux qui
l'ont entendu la plus vive et la plus durable impression. Il apparaissait toujours
l’homme aux études sérieuses, comprenant que la théologie elle-même devait
être la Béatrix du soldat de l’Église dans ce purgatoire du monde ; on croirait
que toute son ambition était de réaliser ce désir de Sainte Thérèse s’écriant :
« Je désire plus ardemment que jamais, au service de l’Église, des hommes
qui unissent à la science un entier détachement d'eux-mêmes. » Aussi cette
nature exquise et réservée ne redoutait aucun péril lorsque son devoir ou son
honneur l’appelait ; c’est ainsi qu’au milieu d’un tumulte d'hommes furieux qui
voulaient interrompre le congrès de Bologne," il prit le bras de son vieil oncle
presque aveugle, le célèbre baron d'Ondes Reggio! ; il le conduisit à travers
l’émeute, dominant par son intrépide sérénité les sifflets et les menaces.
Voilà le doux et puissant collaborateur qu'a perdu notre jeune institut
catholique d’études sociales. Il y a un mois à peine, pendant trois jours, dans
ma maison épiscopale, nous avons, avec lui et quelques amis, prié, travaillé
et échangé nos vues fraternelles sur les meilleurs remèdes à porter aux
souffrances des travailleurs ; nous avons alors admiré ses connaissances, sa
foi, sa docilité filiale aux directions des évêques et surtout sa confiance aux
lumineux et féconds enseignements des encycliques de Léon XIII pour le salut
de nos sociétés tourmentées. Nous sommes tous émus en nous rappelant la
ferveur avec laquelle il reçut dans sa dernière communion Jésus qu'il aimait et
qu'il servait avec ardeur dans ses pauvres, dans son Église et dans son vicaire
infaillible. Sa vie n'est-elle pas dans cette devise : Amor mihi Roma, Roma mihi
amor...
Il avait retardé une visite a sa jeune fiancée pour s’occuper avec nous de ses
cheres études sociales ; il quittait Fribourg le 23 octobre pour aller la rejoindre
et préparer les fétes nuptiales avec cette gracieuse et pure chrétienne qui
devait suivre la méme route, avec le méme coeur, les mémes oeuvres, le méme
amour et le méme Dieu ! Hélas ! Le lendemain, a Zürich, son äme s’envolait
d’une chambre solitaire d’hötel aux noces éternelles de l’Agneau!
Que sa mémoire embaumée de si doux souvenirs soit, pour les cheres
ämes qui le pleurent, une fortifiante consolation ; pour nous ses amis, une
lumiére et une flamme qui nous apprennent 4 mieux aimer le Sauveur, a
toujours défendre l’Église et à travailler avec humilité, discipline et courage à
la reconstruction de l’ordre social chrétien.
Recevez, Messieurs et amis, l'assurance de mes sentiments les plus
affectueux en Notre Seigneur.
+ GASPARD, Evêque de Lausanne et de Genève.