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à l’affaire augmenteraient ou diminueraient la probabilité a posteriori de culpabilité. Ce système de pensée, bien qu’il semble assez raisonnable, va à l'encontre d’un principe fondamental du droit pénal : la présomption d’innocence. Selon ce principe, tout le monde doit être considéré comme innocent au début de la procédure, quel que soit son caractère. La doctrine de la présomption d’innocence a effacé l'éthique de la procédure judiciaire et a facilité la promotion d’une dimension morale en droit. Aujourd’hui, ce n’est pas l’accusé qui doit apparaître comme éthique, mais c’est le juge qui doit agir de manière éthique lorsqu'il prononce la peine. Notez qu’un état d'esprit passionné peut s’exonérer de l’accusation d’être contraire à Pethique, mais A long terme, à travers le caractère, cela peut amenet à être considéré soi-même comme contraire à celle-ci. L’éthique a une importance pour le droit à deux égards : premièrement, la façon dont une personne agit dans une situation donnée, deuxièmement, le caractère général d’une personne. Ces deux éléments — l'appréciation de l’acte et du caractère individuel — peuvent être opposés l’un à l’autre dans la pratique juridique. Le Digeste raconte le cas suivant :!% un père a fait de son fils son héritier dans son testament avec une condition interdite par la loi. Voici le dilemme juridique : d’une part, le père n’a rien commis d’illégal, puisque l’acte illégal qu’il stipulait dans son testament était posé comme condition d’héritage et il n’avait nullement été réalisé. En revanche, l’héritier ne peut obtenir son héritage que s’il commet un crime. S’il agit comme l’exige le testament, il sera puni, méme si son acte ne provient pas du libre arbitre, mais d’une contrainte économique. En fin de compte, en plus de son argent, le père a imposé à son fils de commettre un crime. L’héritier semble avoir été confronté au simple dilemme de savoir s’il faut ou non commettre un crime dans l’espoir d’un 16 Pap. D. 28, 7, 15. 28